L'adjudant DENIÉ
Lorsque
j’ai vu, sur le site, qu’une page avait été créée
pour l’adjudant DENIÉ, je l’ai contacté tout de
suite.
Que d’émotions, de souvenirs et d’anecdotes… que
je vous fais partager avec grand plaisir.
Reggan – début 1967 – 3ème GT
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Lors de ma première garde, j’étais sentinelle à l’entrée du bordj Estienne à l’ombre car, en ce dimanche midi, il faisait très chaud. Je vois arriver une jeep, dans un nuage de poussière. À une centaine de mètres de l’entrée, le chauffeur après s’être aligné face au porche, se met debout sur son siège, me salue réglementairement après que je lui ai présenté les armes. Ensuite, le porche franchi, il saute sur les pédales, reprend le volant et après un superbe dérapage « très contrôlé » se range impeccablement face au mess dans lequel il est entré aussitôt. C’était cela l’adjudant DENIÉ. Ce jour-là il venait du bordj sous-officiers et il ne voulait pas rater l’apéro au mess et comme je vous le rappelle « il faisait très chaud ».
La Braconne – GT 515
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À
l’atelier du corps il avait l’habitude de faire le tour de l’atelier
et, si quelque chose lui semblait bizarre, il n’hésitait pas,
après avoir posé son képi sur le premier pare-chocs venu,
de venir voir dessous le véhicule quel était le problème.
C’est à ce moment-là que nous, les anciens, passions le
rebord dudit képi au talc à pneus.
Une fois revenu à son bureau et après avoir déposé
son képi sur le classeur, le secrétaire (en l’occurrence
l’ami B/C FERLA) s’empressait de lui dire :
– Mon adjudant ! Ils vous ont encore eu !
Après avoir essuyé le bord du képi et l’auréole
de son crâne devant la glace, il fonçait à l’atelier…
et malheur au bleu qui ne l’avait pas entendu arriver ! La première
paire de fesses dépassant d’un capot ou du dessous de châssis
avait droit à un super coup de rangers au cul, avec ces mots :
– Si c’est pas toi, tu demanderas aux autres !!!
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La dernière
prise d’Armes avant ma libération en décembre 1967 le
capitaine DELEAU de la CCS vient vers moi dans les rangs de la compagnie au
repos sur la place d’Armes :
– VANCOOP (diminutif) c’est bien l’adjudant
DENIÉ qui est sous-off de permanence ?
– Oui mon capitaine, je l’ai vu inscrit sur le tableau de
service.
– Que fait-il ? Donnez votre arme à votre voisin et foncez
voir à sa piaule !
PM remis à un collègue, coudes au corps, direction ladite chambre.
Après avoir cogné et constaté que la porte n’était
pas fermée, je trouve l’adjudant encore endormi, certainement
une conséquence d’une veillée tardive ! Après l’avoir
secoué il réalise tout de suite le problème :
– VANCOOP prend une chemise propre dans le placard, transfère
mes épaulettes, les breloques et tout le fourbi, pendant ce temps-là
je prends une douche.
Cela étant fait rapidement (les chemises des militaires de carrière
sont prévues pour... merci à l’inventeur des pressions).
Il me somme de foncer et d’annoncer son arrivée imminente. Ce
que je fais et après avoir repris ma place dans les rangs et rassuré
le capitaine, effectivement l’adjudant arrive coudes au corps lui aussi.
Je vous passe la suite, toujours le même scénario ! Présenté
armes, les couleurs et le défilé comme tous les samedis matin,
tradition du 3ème GT et la suite.
Au retour des armes à l’armurerie quelques heures plus tard l’adjudant
m’appelle, non pour me remercier mais pour me gratifier d’un coup
de pied au cul mémorable !
Motif : dans la précipitation, j’avais remis ses barrettes de
décorations à l’envers (c’est pas ma faute si elles
avaient 2 rangées complètes donc parfaitement réversibles),
mais on lui avait fait remarquer que la médaille militaire est à
mettre en premier car c’est celle qui a le plus de valeur.
Lucien VANCOPPENOLLE –
66 2/B – CCS – Atelier du Corps
Janvier 2008