Jean-Claude BALSÉGUR

Appelé du contingent 66 1/C
CCS - Électricien

CIT 152 du 4 mai 1966 au 22 septembre 1966.
3ème GT à Reggan du 24 septembre 1966 au 26 mai 1967.

Les photos et légendes sont de Jean-Claude BALSÉGUR

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          « Je suis arrivé à Laon au CIT 152 le 4 mai 1966 par le train à vapeur de Paris.
Les classes avec tous les petits tracas du bidasse : piqûres aie ! aie ! Corvées, piquets, permis de conduire et la première garde avant la première perm’.
Puis le CA1 sous les ordres de l’adjudant DUBUISSON avec les tirs, les marches, la petite guerre, les parcours du combattant…
Enfin la perm’ de détente avant le grand départ. J’en ai profité pour me fiancer !



St Christophe
à Laon

Puis dans un CIT en pleine dissolution où je me suis trouvé à monter ma première semaine (René MARTIN s’en souvient encore…) et à l’apogée d’un fouillis monstre que seule l’armée peut générer, le 23 septembre, départ pour Paris et le fort de Vincennes. Le lendemain direction l’aéroport du Bourget où un splendide quadrimoteur DC6 nous emmenait en quelques heures à Reggan.
Apparemment, les moteurs de l’avion avaient chauffé… Mais après une centaine de mètres sur le tarmac, aux abords de l’escale, il faisait toujours aussi chaud. J’ai compris, c’était mon premier contact avec le climat saharien.
3e GT, Bordj Estienne, une dizaine de jours de classes sahariennes pour nous apprendre les us, coutumes et traditions de cette base où nous allions passer quelques mois que nous n’oublierons plus.
Affectation à la CCS où je me retrouve dans mon métier d’électricien au casernement sous les ordres de l’adjudant MOULIN. Je suis nommé brigadier peu de temps après.
Ma chambre est au bordj de la CCS où je me retrouve avec une bande de joyeux drilles !
THOMAS, trésorerie ; MAZZER, radio ; MORAGAS, radio ; GESTA, radio ; MAGNIER, blanchisseur.
Bientôt, OCTAVIO nous rejoindra en remplacement d’un radio.

Les copains

DEU de garde un jour
de vent de sable
DUBOIS, PETITJEAN, THOMAS, MOLLION, GARDELLE
FAVELIN, THOMAS, PAUTHIER
un soir de nostalgie avec l’aide de Kronenbourg
Jean-Michel THOMAS
à la CCS
La cuisson du méchoui
avec le MDL LOESCH
La découpe avec PAUTHIER mon collègue électricien
Il en reste encore !
Le pansement de THOMAS fait suite à une agression de punaises
MAGNIER
au bordj
de la CCS
MAGNIER le blanchisseur
SUBIAS
THOMAS
après
la lessive
Mon travail, en compagnie de Michel PAUTHIER, consistait surtout au dépannage des installations électriques qui étaient en mauvais état et souvent surmenées par l’utilisation de bittes chauffantes artisanales, composées de 2 clous dans un morceau de bois, branchées sur le 220v et utilisant la conductivité de l’eau magnésienne pour chauffer. Également l’installation de ventilos de plafond dans les chambres de gradés, quelques chauffages en hiver. L’entretien et la réalisation d’éclairages extérieurs et surtout, la maintenance de la station de pompage et des réservoirs.
J’ai participé à l’organisation du spectacle de Noël avec le capitaine CHENNEVAL. Étant guitariste, je chauffais la salle avec du rock, en compagnie de MOLLION, puis jouais avec un petit groupe, les Scorpions, avec MOLLION, FOULON et DUBOIS. THOMAS imitait le général De Gaulle, FOULON et DE SANTESBAN faisaient les clowns, CHABRERIE nous interprétait des chansons de DYLAN et Hugues AUFFRAY, etc.…

Noël 1966

La table du repas
de Noël
à la chambre
Le sapin de Noël
à la chambre
Noël
à la chambre
Noël à la chambre
avec PETITJEAN
Le spectacle de Noël,
l’ouverture avec
MOLLION, BALSÉGUR
Le spectacle de Noël,
les Scorpions
avec MOLLION, DUBOIS,
FOULON, BALSÉGUR

Quelques jours après Noël, je suis appelé au bureau du capitaine DELEAU me disant que le général DUBOIS, inspecteur général du train, désire que je passe les fêtes de nouvel an dans ma famille. Je n’avais rien demandé, mais mon père ayant servi sous les ordres du lieutenant DUBOIS dans la 2e DB, au débarquement, a pu me faire avoir cette permission à la grande joie de ma fiancée.
Départ en Noratlas de fret avec un super équipage et 3 passagers, escales à Bou-Sfer, Istres et Le Bourget sous la pluie.
Après avoir passé de très bonnes fêtes en famille, je devais renvoyer ma feuille de route au Bourget ou à la BTIM à Marseille. N’étant pas trop pressé, je prenais le train pour Marseille et découvrait le camp Ste Marthe sa crasse et son folklore. Promenades en ville avec quelques futurs sahariens (cuistots au mess plateau), un légionnaire et deux marins américains en escale.
Puis traversée par une mer très mauvaise sur le El Djezaïr jusqu’à Oran, La Rafale et son folklore jusqu’à Bechar et le C47 jusqu’à Reggan. Le temps d’arriver au 3e GT, mettre la tenue de tradition et participer à la prise d’armes en l’honneur du… général DUBOIS en inspection des bases du COMSIT. Appelé par le colonel, je l’ai remercié devant tout l’état major.
Puis la vie a repris son cours avec les gardes, les semaines et les corvées de tir à rattraper.
Attention sympathique pour le personnel de la CCS, partant très peu en mission, une journée touristique à Adrar été organisée. Nous avons pu découvrir la ville et la palmeraie et avoir des contacts avec les habitants nous expliquant leur vie, les cultures, les irrigations par rigoles et le réseau de foggaras.

Promenade à Adrar

Mission touristique
à Adrar
Sur la piste d’Adrar
Arrivée à Adrar
Adrar : à la croisée
des pistes
Le vaisseau du désert
Adrar : les foggaras
Adrar : la palmeraie
Adrar : les cultures

Sur la vie de tous les jours, les distractions du saharien sédentaire se limitaient au foyer, surtout les jours de nostalgie, Kronenbourg 1664, Mutzig 1810 et BAO. Quand du Ricard arrivait dans un colis, on allait chercher une boite d’Evian au mess car c’était infect avec l’eau magnésienne.
Il y avait le cinéma ou FOULON nous passait du mieux qu’il pouvait des films parfois en très mauvais état. Avant la séance, la rubrique « Salut les Tringlots » avec présentation des nouvelles du jour par compagnies, de la musique et des gags. J’avais créé cette rubrique présentée comme une émission de radio depuis l’atelier photos de KNOFF avec THOMAS, FOULON, MOLLION, DE SANTESBAN…
Après trois semaines de diffusion, certains propos n’avaient pas plu en haut lieu et la censure a fait son œuvre, nous interdisant « Salut les Tringlots ».
Il y avait aussi le cinéma du Plateau, le foyer de la Légion (gare aux embuscades !), la piscine où beaucoup ont appris à nager, sans oublier évidemment le bordel P7 sous contrôle de la Légion avec des filles très sympas et compréhensives. Un saharien n’en est pas moins un homme !

La vie au 3ème GT

3° GT, la nationale 7
La garde en hiver
À la CCS
Devant la pierre du 3° GT
À la CCS
En tenue Légion
En jeep…
La gazelle
La chambre,
le coin
musique
Le 3ème GT
est bien défendu
L’entretien
de la station
de pompage
Mon dob Nestor
Reggan Ville depuis
le château d’eau
Le GLR des cuisines de retour de l’école de Reggan
La gendarmerie algérienne
de Reggan
Vent de sable
sur le 3° GT
Sur la route de Hamoudia
Le Plateau depuis
la route de Hamoudia
Un ancien fort sur la route
du Plateau

Les mois passaient, une grosse angine soignée à l’hôpital du Plateau à grand renfort de pénicilline. Le père Cent, peu fêté car en convalescence.

La préparation du déménagement a commencé, au casernement, par la fabrication de caisses de multiples dimensions. DIAVORINI, le menuisier trace et découpe et l’ensemble des corps de métiers assemble et cloue.

Courant mai, on m’annonce que je fais partie du détachement précurseur pour Bechar avec quelques soldats de la CCS pour accueillir les premières missions.
Nous partons avec un 4 x 4, un 6 x 6, 2 gazelles et la jeep du lieutenant MERLE, chef du détachement. Le colonel et l’état-major rendent les honneurs pour notre départ devant le bordj des Sénégalais au son de la trompette de CAPDUPUY.
Arrivée à Bechar après deux jours de piste et à peine le temps d’installer les premières nécessités, je m’occupe de l’approvisionnement en eau, la mission de la première compagnie arrive. Nous n’avons pas encore de filliod d’affectées, nous devons tous dormir dans un hangar où tous les animaux de compagnie (chiens, chats, singes, fennecs) s’en donnent à cœur joie toute la nuit.
Petit à petit la vie s’organise, les missions arrivent et repartent, bientôt tout le 3° GT est à Bechar. Entre-temps mon copain Jean-Michel THOMAS a eu la quille et est parti de Reggan.
D’autres missions vont déménager Hammaguir et partent pour Mers el-Kébir.
Au casernement, nous devons remettre les bâtiments en état pour les livrer à l’ALN.
Comme distractions nous avons les sorties en ville avec le souk, la place des chameaux et ses marchands de brochettes, le café du centre et son Scopitone, le restaurant Moustache, le café très sympa de la Palmeraie, les promenades dans la palmeraie et, bien entendu, le quartier réservé sous contrôle de la Légion avec la célèbre Fifine, Le Chat Noir, le Chabanais pour les plus connus.
J’ai appris qu’un orchestre du Matériel, les Diamants, avait besoin d’un guitariste, je suis allé à quelques répétitions avec FOULON et ai pu jouer à deux bals à la piscine des officiers. Courant juin, la situation s’est trouvée très tendue avec la population car la guerre des 6 jours a éclaté entre Israël et l’Egypte. Les caillassages des véhicules et des hommes étaient fréquents et nous devions agir avec diplomatie… dans la mesure du possible. Cette période a été fatale à mon appareil photo, victime d’un projectile.

Bechar et la piste

Détachement précurseur,
la jeep du lieutenant MERLE
Après Adrar
direction Bechar
La piste de Bechar
Les (vrais) Sahariens
Bivouac sur la
piste de Bechar
avec DIAVORINI
Rencontre du détachement précurseur de la CCS avec une mission de retour de Bechar
Sur la piste de Bechar
La halte de Ksabi
L’arrivée du détachement précurseur à Bechar
Bechar : la place
des chameaux
Bechar : le CIEES
Bechar : le quartier
de la Barga
Le café de la Palmeraie
Le souk

Enfin, le 27 juin est arrivé, jour du départ de Bechar. Tout le 3° GT a embarqué dans les camions et le colonel a remis les clés du camp à l’ALN. Plus loin, en longeant la voie de La Rafale, en me retournant, je me suis dit, l’épopée est terminée, adieu le Sud et bientôt bonjour la France.
Nous avons passé la nuit à la belle étoile dans une palmeraie, au pied de l’Atlas, avec pour repas un méchoui que nous avons préparé sur place.
Le reste du parcours s’est bien passé, dans les villages, nous donnions des boites de nourriture aux enfants et nous étions remerciés par une volée de cailloux à notre départ. Il fallait se rendre à l’évidence, ce n’était plus le Sud !
Quelques jours passés à Mers el-Kébir où nous avons fait un peu de tourisme et baignades.
Avec quelques copains nous avions sympathisé avec une famille de restaurateur Pieds-noirs sur le port. FOULON avait attrapé un lapin je ne sais où, nous leur avons donné, ce qui nous a valu un très bon repas.

Puis l’embarquement à bord du Breguet 2 ponts et l’arrivée à Bordeaux Mérignac par une belle journée d’été comme seule la France sait en faire et que l’on attendait depuis longtemps.
La traversée de Bordeaux en chantant : « Adieu Reggan, c’est bien de faire les cons en Algérie ! Revoir enfin les jolies filles de la France car le pays natal c’est toujours mieux qu’la coloniale c’est bien normal ! » (Air connu de tous les Sahariens).

Ruelle, le camp de la Braconne, au milieu des bois, quel changement ! Enfin pas trop car même libérables nous avons eu droit à la garde et au défilé de présentation à Angoulême.
Une perm’ pour le 14 Juillet où notre arrivée à Paris en grande tenue a été fort remarquée.
Quelle joie de retrouver ma famille et Pâquerette ma fiancée. Un week-end trop court et le retour à la Braconne pour la dernière ligne droite.

Dans la semaine, la quille a brillé pour la 66 1/C et j’ai du dire au revoir à tous les copains car je devais faire 15 jours de rab’ en compensation de ma perm’ de fin d’année. Cette prolongation m’a « permis » de monter une semaine et une garde. Mon successeur au casernement ayant pris ses fonctions, pour m’occuper, le lieutenant du foyer m’a demandé d’installer la sono au bar, dans les salles et sur les terrasses. Travail somme toute intéressant et me permettant de préparer mon retour à la vie civile.

Enfin, MA QUILLE est arrivée et c’est avec joie que j’ai rendu mon paquetage, malgré l’offre du commandant de rempiler…
Cette fois-ci, c’est bien fini mais que de souvenirs… Je ne parle ici que des bons souvenirs, ce séjour au cœur du désert m’a fait connaître des gens formidables que j’espère revoir un jour…

40 ans après, ces retrouvailles se font grâce à Michel Fernez. MERCI.

Jean-Claude »

 

Retrouvailles
Jean-Claude BALSÉGUR et Jean-Michel THOMAS en janvier 2007

Jean-Claude BALSÉGUR & Gilbert DURÉCU
Le Havre en 2007
... Et que la chaîne de l'amitié continue... Gilbert

Jean-Claude BALSÉGUR et Alain TONTONI
à Ottange (Moselle) le 16 décembre 2007


Jean-Claude BALSÉGUR et René DEU
Petite promenade chez les Ch'tis en avril 2008


Les « Scorpions »
à Reggan
Noël 1966
Les « News Scorpions »
à Septmonts
le 29 mai 2008
Jean-Claude BALSÉGUR et Aimé MOLLION
le 29 mai 2008 à Septmonts (Aisne)

Jean-Claude BALSÉGUR66 1/C – CCS – Électricien
René DEU – 66 2/A – CCS – Chauffeur Gazelle
Aimé MOLLION – 66 1/A – CCS – Radio
Jean-Michel THOMAS – 66 1/B – CCS – Jardinier
Alain TONTONI – 66 2/A– CCS – Coiffeur